C’est pour le piscinier un sujet récurrent : un client le contacte suite à l’apparition de taches sur l’étanchéité liner ou membrane armée de son bassin. Pas toujours facile d’établir un diagnostic tant les causes de ces dégradations peuvent être multiples. Afin d’essayer d’y voir plus clair, nous avons contacté Alain Davoine, spécialiste en traitement de l’eau et ancien enseignant au lycée professionnel de Pierrelatte. Il nous a fait part de son expérience en la matière et nous a donné accès à sa riche banque de photos constituées au fil des années et les a commentées.

Les principales dégradations des PVC

Dans leur intervention, au mois de février dernier, lors de la journée professionnelle du lycée de Pierrelatte, Alain Davoine et Jean-Louis Maréchal Expert spécialiste des PVC mettaient mettait en avant les principales dégradations observées sur les PVC qu’ils résumaient ainsi :

  • les décolorations et les colorations ;
  • les taches superficielles ;
  • les taches profondes ;
  • les dépôts superficiels ;
  • les plis.

Les causes de ces dégradations sont multiples :

  • la qualité de l’eau (son équilibre) ;
  • l’entretien ;
  • les produits de traitement ;
  • l’hydraulique (mauvaise circulation de l’eau à cause de zones mortes) ;
  • l’usager ;
  • le vieillissement normal ;
  • l’environnement, etc.

Bien comprendre les phénomènes de taches

Une photo de liner fortement grossie montre que sa surface n’est pas parfaitement polie. Elle présente des aspérités sur lesquelles peuvent s’accrocher non seulement des algues mais également des ions fer et des ions cuivre.

Photo particulièrement parlante. On observe une décoloration importante, due à une surchloration, autour de la bonde de fond. Ici, l’hydraulique est en cause. Lors de l’hivernage, des galets de chlore ont été placés dans le skimmer. Une eau fortement concentrée en chlore s’est écoulée via la bonde de fond et, filtration éteinte, a stagné, provoquant cette décoloration en périphérie de la bonde de fond.

Photo spectaculaire d’un liner imprimé ayant subi les actions conjuguées du vieillissement et d’un excès répété de chlore. On constate que non seulement l’impression du liner est totalement dégradée mais que la composition même du liner est atteinte. Le plastifiant, composant du PVC, a disparu, entraînant une perte d’élasticité de la matière. Ainsi fragilisé, le liner a cédé sous la simple pression du balai lors de son nettoyage.

Type de dégradation due à un excès de chlore. Ici la décoloration est profonde et irréversible.

La même piscine après le passage d’un orage de grêle (grêlons de la taille d’une balle de ping-pong). La photo met en évidence la coloration « verte » apportée par la présence de cuivre dans l’eau. On constate en effet que le PVC hors d’eau a conservé sa couleur d’origine : sable.

Il s’agit ici de taches superficielles localisées dues à la présence de cuivre dans l’eau. Sous l’action du chlore, les ions métalliques cuivre se sont oxydés et ont noirci.

dégradation PVC sous étanchéité

Sous l’étanchéité, la thibaude démontre la présence de cuivre due à une fuite au niveau d’une traversée de paroi.

Sur l’étanchéité, les taches noires témoignent de la même présence de cuivre, mais ici oxydé par le chlore.

Sur l’ensemble de ces photos, les taches noires constatées résultent de la présence du cuivre et du chlore. Les ions cuivre se déposent sur le PVC en fonction de l’état des surfaces, de l’hydraulique du bassin et de sa géométrie. Le chlore oxyde alors le cuivre, provoquant son noircissement. Les origines du cuivre déposé peuvent être multiples : les produits multifonctions contenant du cuivre, les ioniseurs, l’eau du réseau, certains anti-algues, l’usager peut utiliser comme algicide, sur des conseils peu avisés, certains produits comme le sulfate de cuivre !

Conseil pour éliminer l’oxyde de cuivre dans votre piscine

Il convient de procéder par étapes :

  1. baisser le pH ;
  2. réaliser une surchloration (ex. javel concentrée) afin d’oxyder complètement le cuivre en oxyde de cuivre ;
  3. ajouter de l’acide chlorhydrique pour dissoudre l’oxyde de cuivre ;
  4. pratiquer alors une analyse du cuivre présent dans l’eau qui, suivant le résultat, déterminera une vidange partielle ou totale du bassin en fonction de la concentration observée ;
  5. contrôler le pH.

Attention, une analyse de l’eau ne détectera pas la présence de cuivre déposé.

Merci à Alain Davoine pour les photos issues de sa photothèque personnelle qu’il a bien voulu mettre à notre disposition ainsi que pour l’aide précieuse, issue de son expérience, qu’il nous a apportée pour les commenter.

 

Source :  L’Activité PISCINE

Les dégradations des PVC

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